Les Activités annuelles du Centre Jean Bérard
 
Au coeur de la forêt vierge ? La tannerie de Pompéi lors de la reprise des fouilles en 2001. (Cliché ©  CJB)

La salle des cuves de tannage après nettoyage. (Cliché © CJB)

Mosaïque décorant le triclinium d'été de la demeure antérieure à la tannerie et représentant une allégorie de la Mort. (Cliché ©  CJB)


Cliquez sur l'image pour faire une visite virtuelle de la tannerie (necessite quicktime) photos E. Manousogiannaki-Gomrée  © Centre Jean Bérard


LA TANNERIE de la Regio I, V, 5

Plusieurs zones ont été sélectionnées dans l’îlot de la tannerie, dont trois situées au cœur des activités artisanales. Il s’agit de la zone des derniers traitements des cuirs (corroyage, finitions, teinture, assouplissement) sous le portique Est, de la cour de la tannerie et de la salle des cuves consacrée au tannage.

Le portique Est
Lors du sondage, de nombreuses structures sont apparues correspondant aux différentes phases d’habitation de la demeure. (états 1 à 5 ).
L'état 5 montre la transformation de la demeure en tannerie. Les pièces et le portique primitif sont détruits. Un remblai nivelle les anciennes structures et et un sol de béton est coulé. Un nouveau portique à piliers plus larges en opus mixtum est construit. Des installations de traitement des cuirs sont aménagées dans des espaces délimités par des murets disposés perpendiculairement au mur du fond : établi en pierre et bacs de rinçage des peaux.

La salle des cuves
Lors de la transformation de la demeure en tannerie, on a construit une salle comportant des cuves de tannage. Trois sous-états ont été individualisés.
L'état A est formé d' un groupe de trois cuves rondes de petite taille disposées contre le mur sud de la salle. Cette phase est antérieure au tremblement de terre de 62.
L'état B correspond à la construction d'une deuxième série de cuves rondes dont quatre subsistent. Ces cuves, de grande dimension ont été aménagées dans l’angle nord-ouest de la salle. Cette phase est postérieure au tremblement de terre de 62.
Le dernier état de la salle des cuves (l'état C) qui voit la mise en place de huit nouvelles cuves, correspond à la phase maximale d’extension. Au total, la salle est alors équipée d’un ensemble de 15 cuves recouvertes d'opus signinum. Faute de place, ces cuves sont ovales et de moindre profondeur.


Les recherches actuelles montrent que l’activité artisanale dans cette insula s'étendit sur un laps de temps assez long; la tannerie a connu au moins trois phases dont une antérieure à 62. Quelque temps avant l’éruption de 79, des restructurations importantes effectuées dans la salle des cuves et dans la zone de corroyage et de foulage manifestent une augmentation des capacités de production.

Les sondages effectués en 2007 ont permis de répondre à des questions de datation encore en suspens et de clarifier les raisons de l’absence de structures dans la zone 26. Désormais, on a la certitude que l’îlot créé par le plan d’urbanisme qui a suivi la construction du rempart samnite à la fin du IVe siècle, a été primitivement divisé en six lots au minimum mais construit progressivement en partant de l’angle nord-ouest. La maison la plus ancienne est bien celle dont la façade remploi des blocs du rempart à orthostates de tuf calcaire. Doté d’un andron et d’une décoration qu’on retrouve en contexte samnite, elle fut construite au cours de la première moitié du IIIe siècle avant J.-C. Cette construction fut suivie d’autres dans le courant du siècle, jusqu’à la maison de l’angle nord-est qui n’est pas antérieure au début du siècle suivant. Il se confirme par ailleurs qu’après le tremblement de terre de 62 qui a durement frappé ce secteur, plus du tiers de l’îlot a été rasé et transformé en carrières de basalte.