Les Activités annuelles du Centre Jean Bérard
 
Vue de la "parfumerie" en cours de fouille.(Cliché © CJB)
Pressoir d' A. Maiuri avant le démontage. (Cliché ©  CJB)

Peinture murale des "amours parfumeurs" de la maison des Vetii. (Cliché ©  CJB)


LA PARFUMERIE

Dans la Via degli Augustali, une boutique (VII, 4, 24-25) dégagée au début du XIXe siècle contenait un pressoir à huile. En 1927, le surintendant A. Maiuri fit reconstruire le pressoir à vis à l'emplacement de l'appareil antique, mais il est fort probable que la reconstitution soit erronée : Il aurait fallu restituer un pressoir "à coins" et non à vis.
Les travaux de 2001 ont porté sur le démontage de la reconstruction ordonnée par A. Maiuri en 1927 et sur la détermination des parties du pressoir épargnées par les travaux modernes. En 2002, la campagne a porté principalement sur la stratigraphie des boutiques ouvrant sur la rue.

En façade d'une maison longue et étroite, une officine fut aménagée dans le courant du
Ier siècle avant J.-C. Elle comportait alors deux cuves et une chaudière. Il est probable qu'il s'agissait d'une huilerie, les cuves servant à décanter l'huile et la chaudière à chauffer l'eau nécessaire au processus d'extraction. Vu sa localisation, cette huilerie travaillait peut-être préférentiellement pour des parfumeurs, mais elle devait extraire surtout des huiles alimentaires, et des huiles destinées à l'éclairage. Cette hypothèse toutefois demande à être confirmée car la fouille n’a mis au jour aucune trace de pressoir. Certes, un éventuel pressoir a pu être détruit par les constructions postérieures, et la maie a pu être récupérée et remployée dans le pressoir retrouvé lors des fouilles de 1927. Cet atelier fut détruit lors du tremblement de terre de l'année 62 et les cuves furent comblées de matériaux de construction provenant des ruines.

Après le séisme, la maison fut restaurée et restructurée. Deux boutiques furent implantées dans le local donnant sur la rue. Un pressoir probablement à coins, du type de ceux employés par les parfumeurs fut installé entre un pilier et le mur oriental de la boutique. Un nouveau pavement fait de chaux et de fragments de tuiles fut posé sur l'ensemble de la boutique. Dans l'épaisseur de la chappe, fut déposé un ensemble de trois monnaies dont deux datées de l'année 65 : il a donc fallu 3 ans, au moins, pour procéder à la reconstruction.